Soutenance de thèse de doctorat en gérontologie de Madame Louise Belzile


Le 10 mai 2018, madame Louise Belzile sous la direction de la professeure N. Dubuc  (Université de Sherbrooke)  et du professeur P. Maubant  (Université de Sherbrooke) a soutenu avec succès sa thèse de doctorat en gérontologie à la Faculté des lettres et sciences humaines.

Titre de la thèse

 Usages de l’outil d’évaluation multiclientèle dans l’intervention gérontologique au Québec.

Résumé

Les intervenants du réseau de la santé et des services sociaux voient s’introduire dans leurs pratiques des outils cliniques obligatoires, dont l’outil d’évaluation multiclientèle (OÉMC) qui occupe une place importante dans leur travail quotidien auprès des personnes aînées en perte d’autonomie fonctionnelle. Si les avantages associés à l’utilisation des outils cliniques ont été diffusés par leurs concepteurs et promoteurs, bien peu d’intérêt a été manifesté jusqu’à maintenant, dans le domaine de la recherche, pour les usages effectifs qu’en font les intervenants, au-delà des phases d’expérimentation ou d’implantation. Si l’utilité et l’utilisation (le mode d’emploi) de l’OÉMC est plutôt bien balisée, ses usages, c’est-à-dire ce que les intervenants font avec l’outil, une fois qu’il est complété, restent obscures, en-dehors de ce qui est prescrit. En fait, le plus souvent, l’intérêt porté à l’usage effectif tient à l’identification de l’écart entre ce qui est fait par rapport à ce qui est transmis dans les formations. En comprenant mieux comment les intervenants utilisent l’OÉMC en contexte d’intervention auprès des personnes aînées vivant à domicile, il sera possible de tenir compte du point de vue et de l’activité de travail des utilisateurs pour influencer la conception et la mise en œuvre d’outils cliniques comme l’OÉMC et de considérer les écarts entre les usages pas nécessairement comme des failles, mais comme des espaces de re-conception d’outils ou d’usages  auprès des formateurs, des concepteurs et des gestionnaires responsables de l’accompagnement à l’usage d’outils cliniques standardisés.

Un devis qualitatif a permis de recueillir et d’analyser les données issues de différentes méthodes de collectes : des documents écrits, des entretiens semi-dirigés réalisés auprès d’intervenants de différentes origines disciplinaires (n=24) et de prescripteurs (n= 7) occupant différentes fonctions de proximité (gestionnaires, conseillers ou formateurs) et des journées d’observations non-participatives qui ont totalisé près de cinquante heures auprès d’un sous-échantillon de participants (n=12). Deux territoires d’organisations intégrées de santé et de services sociaux au Québec ont participé à ce projet.

Les données empiriques ont montré que le concept d’usage, bien qu’ayant des liens avec l’utilité et l’utilisation, contribue plus concrètement à comprendre le travail réel qui s’effectue au moyen d’outils cliniques. Parce que le travail effectif s’avère plus ample que les tâches prescrites, les intervenants ont défini ce que veut dire « Faire un OÉMC » d’une manière qui va bien au-delà de l’utilisation stricte de l’outil.  C’est aussi ce qui a permis d’identifier des usages qui mobilisent d’autres outils, comme les notes évolutives, les formulaires de référencement, les plans d’intervention et même des outils disciplinaires. L’entrée par l’activité plutôt que par la prescription des usages a permis de décrire les rapports entre l’utilisateur, l’outil, l’objet d’intervention et le contexte. Après avoir décrit les composantes de chacun des espaces d’analyse des usages (le prescrit, l’effectif et le normatif), il a été possible de proposer une articulation de ces espaces, plutôt que de les opposer ou de les hiérarchiser. Enfin, l’observatoire que présente l’OÉMC a enrichi les matériaux théoriques qui expliquent les rapports qu’entretiennent les sujets avec des outils qui leurs sont utiles, qu’ils utilisent dans leur quotidien et qu’ils transforment avec le temps par les usages qu’ils en font.

Mots clés : usages, outils cliniques, évaluation, personnes aînées

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Composition du jury

Direction:  Nicole Dubuc, PhD, Directrice de recherche, Université de Sherbrooke
CodirectionPhilippe Maubant, D., HDR, codirecteur de recherche, Université de Sherbrooke
Membre interneAnnie Carrier, PhD, Examinatrice invitée de l’Université de Sherbrooke
Membre interneIsabelle Gaboury, PhD, Examinatrice invitée de l’Université de Sherbrooke
Membre externeAnnette Liebing, Examinatrice invitée de l’Université de Montréal